Dans la construction de son identité, chaque individu forge une représentation globale de son groupe d’appartenance. Ce groupe peut être défini par divers aspects tels que l’économie, le social, le politique, le culturel ou le religieux. Le concept du « Nous » a émergé des travaux du psychanalyste René Kaes en psychologie de l’identité sociale dans les années 1993. Selon Sondes Zouaghi et Denis Darpy, la famille transmet non seulement un héritage génétique, mais aussi un héritage identitaire, symbolique et fantasmatique qui influence de manière consciente et inconsciente les choix individuels.
Alors que le « Soi » représente l’intériorisation de notre singularité, le « Nous » capture l’identité familiale ou groupale telle qu’elle est comprise et intégrée par chaque membre du groupe. Ainsi, le concept du « Nous » est hautement personnel pour chaque individu, se démarquant de celui des autres membres du même groupe. L’identité sociale et l’identité individuelle ont un impact sur l’individu le long d’un continuum allant du Soi au Nous.
Dans une société moderne où les tribus et les communautés physiques ou virtuelles se multiplient, le concept du « Nous » revêt une importance particulière. Ces divers groupes peuvent influencer l’individu sans nécessairement exiger un sentiment d’appartenance. Selon Sondes Zouaghi et Denis Darpy, le « Nous » et le « Soi » sont des concepts complexes, combinant une vision réelle du groupe avec une vision idéale correspondant aux qualités souhaitées pour ce groupe. Le concept du « Nous » peut s’appliquer à tout groupe restreint au sein duquel un individu s’investit émotionnellement et éprouve des sentiments positifs.